lundi 4 décembre 2017

Traite en Libye : de la barbarie de l’Homme au sommet entre pyromanes

L’Homme, encore vendu par l’Homme en plein jour, en plein 21e siècle, sous les projecteurs des caméras d’une certaine télé. Des images qui provoquent la réminiscence d’une douleur ancestrale refoulée avec tellement de peine.
J’ai honte et tout le monde devrait avoir ce même sentiment. J’ai honte pour la mémoire bafouée de nos aïeux  martyrs. J’ai aussi honte de n’avoir rien fait de particulier pour l’honorer et la protégée.
L’Homme ce loup pour son semblable a encore enfoncé ses canines dans sa chair. Il est toujours au premier rang dans la compétition d’autodestruction de l’humanité.
L’Homme encore vendu par l’Homme…
Qu’est ’il arrivé à l’Homme pour qu’en 2017 on éprouve encore le besoin de se rappeler que « l’esclavage est un crime contre l’humanité » ? Ne retient-il  pas les leçons du passé ? Qu’est-ce qui le met sur une pente négative et le précipite dans un précipice où la morale n’est que charabia ?
Répondre à ce questionnement donne de forte chance de trouver sur  son chemin la règle d’or : « la fin justifie les moyens ». Dans cet univers, l’Homme y est un prédateur guidé par ses envies de conquête, son instinct de se remplir la panse et les poches. Dites, si cela ne se passe-t-il pas ainsi depuis la nuit des temps ?
Et si ma foi en l’humanité s’effrite sous le coup de mes déceptions à répétition, si ma foi en l’humanité saigne, déchiquetée par les scélérats de l’Homme lui-même, comprenez  que c’est dû par la même raison qui l4a poussé à créer la morale pour se prémunir de sa propre nature. Malgré tout il perd souvent son propre contrôle.
Pouvoir, gloire, richesse… font vaciller sa morale.
Je me suis défendu de mettre des œillères façonnées par le génie du présent, de l’actualité, pour aborder cette tragédie qui tient le monde en haleine. De l’ « esclavage » en terre africaine de la Libye…une bizarrerie non… ? Certains me diront que l’esclavage a toujours existé en Afrique et  ailleurs. Cela ne doit pas en faire un fait ordinaire, je suppose ? Mais il est question cette fois-ci de traite, d’organisations, de réseaux, un commerce.
Pour aborder le sujet, il faut essayer de transcender le contexte pour ne pas tomber dans le diktat de l’actualité, et placer le fait dans un ensemble, dans un système souvent  régit par la règle d’or «la fin justifie les moyens » qui fait épouser une « raison », une « raison » qui n’est pas forcément en phase avec la raison. Par la suite nous verrons certainement, par nous-même, que ce fait n’est qu’un symptôme d’un mal profond, un effet d’une cause.
Pour remonter plus loin, mais sans entrer dans les détails, il faut se dire que la « raison » qui a poussé l’Homme à se transformer en ingénieur de conception de la traite négrière, est  similaire à celle qui l’a conduit à la conquête coloniale. D’ailleurs, c’est cette même « raison » qui, depuis plus d’un demi-siècle de pseudo-indépendance, fait du continent africain un terrain propice en luttes armées, coups d’Etat, manipulations politiques, instabilités de tout genre, pillages, famines, extrême pauvreté, épidémies etc.
Cette « raison » que l’Homme brandit ou camoufle, souvent dans un discours humanitaire, refait surface à chaque fois qu’il est question d’intérêt. La réponse à un certain nombre de questions nous achemine vers l’attraction du moment, à savoir la Libye.
Qu’est-ce qui a orchestré la destruction totale de la Libye ?
La Libye est attaquée et détruite par la France et ses acolytes. C’est dans un passé très récent. Il y aura moins d’affabulations cette fois-ci par rapport à tout ce qu’on raconte sur les agissements de la France en Afrique (Françafrique). Tout le monde est conscient du rôle de la France dans cette mascarade. Elle a mené la bataille diplomatique et a fortement participé aux bombardements.
Qu’est-ce qui l’a motivée ?
La motivation est stratégico-économique. Le Colonel Mouammar KHADAFI avec un leadership grandissant et œuvrant pour la prise de conscience et l’unité du continent Africain au tour de grands projets était devenu encombrant et menaçant pour les intérêts de l’Occident en Afrique et particulièrement de la France. La France dans une mauvaise passe, pour trouver de l’oxygène pour son économie qui boitille, n’a pas trouvé mieux que d’inventer une guerre, comme les grandes puissances savent bien en créer, pour faire du « une pierre deux coups » : éliminer le leader encombrant et s’accaparer d’une bonne partie du pétrole libyen. D’aucuns cherchent une autre façon de théoriser cette histoire avec des concepts complexes mais au fond elle se termine à chaque tentative de cette manière.
Malheur est qu’on n’en a pas encore fini car c’est la même « raison » qui continue d’entretenir la Lybie en zone de non droit où se passe des abominations de toute sorte ; en une zone d’insécurité et de misère ; en une jungle pétrolifère qui se voit piller en silence par l’Occident. Tout ce cocktail pourri est fait de chaos institutionnel, d’immigration clandestine, de trafic d’armes, de trafic de drogue, le tout comblé par le trafic d’Hommes ; une situation pourrie par une juxtaposition d’effets de nature différentes mais émanant d’une cause commune : la poursuite d’un intérêt sous le crédo « la fin justifie les moyens ».
Tout est trafic là-bas. Il y a le trafic institutionnalisé des multinationales sponsorisé par les Etats et celui des bandes armées et autres malfrats.
Le trafic de migrants est le « maillon gênant» d’une longue chaine de trafics et d’exploitation qui a trop durée en Afrique. Nous resterons en Lybie pour parler du sort de nos frères et sœurs dans ce gouffre.
Nos frères et sœurs fuyant la misère de chez eux tombent dans l’enfer libyen…
Le phénomène de l’ « immigration à tout prix » commence à durer sous nos cieux et les Etats africains semblent ne pas être préoccupés ou ne pas être en mesure d’apporter une quelconque solution. Nos dirigeants étaient là tout bêtement assis en train de regarder leurs concitoyens mourir en mer et dans le désert. Au moment où les Etats européens  tentaient coûte que coûte de freiner les vagues humaines qui les assaillissent, avec projets superficiels et timides qui peinent à faire des effets, c’est zéro initiative à notre niveau.
Ces gens-là ne veulent rien d’extraordinaire pourtant. Ils veulent juste gagner leur vie à la sueur de leur front, ceux ne sont pas des manchots. Pourquoi cette Afrique qui a tous les atouts du monde pour se développer, afin d’offrir un paradis terrestre à ses fils, peine à se tenir debout ? L’Afrique nouvelle eldorado du monde est un enfer pour ses fils qui veulent le quitter au prix de leur vie… une ironie du sort non ?
« On a rien à perdre » argue t’il souvent. Et oui, celui qui n’a rien à perdre, n’a rien à sauver.
Entre des ressources pillées, une économie entre les mains de multinationales étrangères, un manque de vision de nos dirigeants, les freins de la politique politicienne et le poids de la lourde dette qui nous tasse et qui ne sert, en grande partie, qu’à entretenir une élite toujours sur les nuages au point de ne pas se rendre compte de la souffrance de leurs Peuples ; l’Afrique suffoque, l’espoir de ses enfants étouffe sous l’emprise des systèmes « tueurs de rêves ». En voilà une autre barbarie de l’Homme qui prend pour arme la misère et l’ignorance pour faire de son Peuple des sujets doux, soumis et maniables ; des êtres sans ambition.
Notez bien que celui qui n’a rien à perdre, n’a rien à sauver. Alors, il faut ressusciter les rêves morts en eux pour les garder chez eux. C’est des victimes collatérales de ce pillage séculaire de l’Afrique organisé avec la complicité de ses dirigeants et non de simples aventuriers avec des penchants suicidaires comme certaines media veulent nous le faire croire.
Ce qui se passe en Libye est une conséquence connue de nos Etats depuis très longtemps. Ils se sont terrés dans un silence lâche. Il aura fallu d’une vidéo pour que l’hypocrisie diplomatique s’y mêle pour réunir ; une fois de plus une Europe « messie », sapeur-pompier et des dirigeants africains lâches ; au tour de la question. Et la morale que je tire de cette conférence (Abidjan) est que l’Afrique est toujours incapable de se prendre en charge. J’ai très tôt désenchanté.

Mais cela ne veut pas dire que je ne crois pas à la jeunesse.  Je crois toujours à la jeunesse africaine. Je crois toujours que cette situation doit être saisie, par les masses, par les Peuples africains ; comme un déclic pour le renforcement d’une conscience collective en vue de la construction suivie de la protection à tout prix de notre « dignité collective », car avant tout il est question de la valeur de l’Homme noir (cette affaire n’est pas seulement un problème entre africains), l’Homme africain dans le monde. Il faut développer une solidarité systématique en nous à l’instar des autres Peuples du monde. Cela doit se faire impérativement afin que le reste du monde nous respecte et nous  regarde d’un œil plus valorisant ; que le traitement dont on fait l’objet depuis des siècles ne soient plus imaginable, que nos dirigeants cessent d’être des marionnettes et défendent les intérêts des Peuples d’Afrique, que les richesses de l’Afrique profitent à ses fils d’abord, que les complots perpétrés par l’Occident en Afrique cessent, que l’Afrique ne soit plus perçue comme un vulgaire butin suscitant une rivalité permanente des multinationales occidentales et asiatiques… (la liste est longue)
Les Peuples africains doivent situer leur responsabilité dans ce système vicieux et ne doit surtout pas perdre de vue que c’est un « tout » lié par la corde de la règle d’or « la fin justifie les moyens » qui nous a mené dans cette situation.

Abdou DIENE
MEA
abdoudiene@gmail.com

vendredi 27 octobre 2017

De la Justice et du jeu politique.

Quand les ambitions personnelles sont un fardeau pour l’idéal de vivre ensemble , ensemble chacun sera un fardeau pour son prochain. Cela va sans dire !

Le choc des ambitions et des intérêts particuliers torpillent les efforts consentis pour assoir les soubassements de l’idéal de vivre ensemble, de l’intérêt général. Qu’on soit en politique ou ailleurs pareille situation n’assure pas la stabilité, l’harmonie sociale. Un système de régulation conventionnel des rapports sociaux est à préserver, au risque de trébucher et de glisser vers la règle alternative : la loi du plus fort. On risque de se retrouver dans un environnement proche de l’état de nature, à défaut d’un système judiciaire solide et impartial. L’impartialité est une condition sine qua non pour assurer les équilibres dans les rapports interpersonnels et avec l’Etat. Au cas contraire la « Justice » (en tant que Pouvoir et système) ne servirait  plutôt qu’à maquiller la jungle dans laquelle nous évoluerons.  En société les conflits d’intérêts sont très compréhensibles sauf qu’ils doivent être encadrés. Et le rôle de la justice dans pareil cas est de veiller à la régularité des duels  à ciel ouvert et non de prendre part à un jeu souvent politique.
Si la justice devait être une arme, elle serait celle de ceux qui sont du côté de la vérité ; et au cas où il devient très complexe pour trancher (ambiguïté), du côté des plus faibles. Elle serait plutôt un bouclier dans cette dernière situation. Si on’insiste sur la nature impartiale de la justice pour bien accomplir sa mission c’est que c’est une condition pour être de bonne foi, pour capitaliser l’adhésion des individus. La justice, pour être impartiale, elle doit être indépendante. Pour être indépendante, elle doit être forte. Et pour être forte,  elle ne peut pas tirer sa substance d’un autre Pouvoir (cela  l’affaiblirait si tel était le cas). Cette réflexion déboucherait sur la question fondamentale de l’équilibre des pouvoirs, de l’Etat de droit etc.
Il faut partir depuis le sommet… 
Depuis quelques temps j’ai une obsession de parcourir l’Article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 :
« Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.» (Je commence à douter de la nôtre)
Et j’y ajoute souvent en silence (dans un dialogue avec mon for intérieur), ceci : et au cas où ladite société se démerderait jusqu’à en disposer une, ladite Constitution ne serait juste qu’un élément du décor juridique ou un instrument politique, comme on le vit souvent en Afrique, le Sénégal y compris ; un outil pour se pérenniser au pouvoir, renforcer ses pouvoirs, neutraliser ses adversaires politique, bâillonner son Peuple etc.
L’Etat de droit est un projet politico-juridico-social qui est traduit par une volonté constitutionnelle, le système judicaire l’encadre et la Constitution garantit, à son tour, l’équilibre des pouvoirs (d’où la justice tire toute sa force). Ainsi se conçoit une approche systémique, un tout organisé dans un même esprit.
Entre l’idéal et la réalité, il y a toujours un écart. Mais on se défend de porter le même jugement sur ceux qui ont la ferme volonté de tendre vers l’idéal et ceux qui rament à contre-sens.
Si le citoyen lambda se détourne des politiques, s’il perd foi en la justice c’est parce qu’il a fini de s’apercevoir que la République, elle-même, traîne par terre toutes les valeurs qu’elle essaie de lui faire croire, les règles qu’elle lui impose. Quand nos actions ne sont orientées que vers nos propres intérêts, on perd l’objectivité. La perte de l’objectivité (dans le sens de l’intérêt général) est la cause de biens des déséquilibres au sein de nos Etats. Les politiques se taillent des systèmes sur mesure bourrés de brèches, de lois « fourre-tout » et de vides juridiques en prévision de leurs prochains coups. C’est que j’appelle les tares organisés de nos systèmes.

Il y a lieu de s’interpeller sur l’esprit de la loi et sur l’esprit de l’autorité habilité à interpréter la loi.
Les lois sont vaines sans morale (leges sine moribus vanae). Mais est-ce qu’on peut s’en limiter là si on est conscient de l’énorme pouvoir que la loi accorde au magistrat ?
Au Sénégal, il est souvent question de l’indépendance de la justice ; et le doute sur la crédibilité de certains magistrats est plus que jamais à l’ordre du jour dans un contexte peu luisant pour notre justice malmenée par la guéguerre politique. On ne peut s’empêcher de parler d’instrumentalisation de la justice si des magistrats sont promus dans des conditions peu orthodoxes et défendent l’indéfendable pour les beaux yeux du Chef de l’Exécutif. La Justice et l’Exécutif marchent-ils main dans la main ? Le Parlement danse-t-il au rythme de l’Exécutif ? (C’est des questions régulières que les gens se posent)
Les bizarreries du Conseil Constitutionnel avec ses « avis-décisions », les inculpations et détentions tous-azimuts d’adversaires politiques en bafouant, souvent, leurs droits les plus élémentaires sous les yeux de notre justice, les cas de non-lieux systématiques dans des dossiers impliquant des alliés politiques du régime, les rapports d’audit classés, le nombre de mesures controversées passées en procédures d’urgence au Parlement, le nombre de députés opposants qui ont vu leurs immunités parlementaires levées par leurs propres collègues sous la commande de l’Exécutif etc. donnent une raison d’être susceptible.
La gestion actuelle de la sphère publique pousse à la susceptibilité, à la désintégration du ciment social. Pour arriver à leurs fins les politiques n’hésitent pas à mentir, à manipuler l’opinion, à diviser le Peuple sous des critères partisans, ethniques, confessionnels ; à corrompre l’administration, à malmener la Justice etc.  Au sein de l’Etat la pyramide des intérêts est inversée. Les intérêts individuels culminent largement sur les priorités. Après viennent les intérêts sectaires et arrivent en dernière position l’intérêt général. A quel type de société devra-t-on s’attendre ?
Plus la valeur qu’on donne à l’intérêt général est grande, plus on dispose de possibilités de réguler les tensions internes individualistes, voir sectaires. On devient ainsi une Nation unie et forte. Au cas contraire, on ne sera pas un Peuple mais un agrégat d’individus !

On ne joue pas avec la justice, on ne joue pas avec les droits et libertés des citoyens, on ne joue pas avec l’unité et les valeurs de la Nation. Cet ensemble constitue le contour moral de la Nation qui empêche ses fils d’errer et de s’égarer.


Il faut suivre cela de très près !

Abdou DIENE



lundi 9 octobre 2017

L’Homme, le peintre qui s’emmêle les pinceaux.

Avec des jumelles on ausculte l’horizon assombri par la poussière mêlée au sang des champs de bataille. On a du mal à entendre l’expression de ces gens-là qui gesticulent au cœur d’une fournaise rejeton d’un enfer terrestre qui avale tout sur son passage comme une mer, avare qu’il est. Des vagues de peines et de paniques qui s’en prennent à des foules folles qui se foutent finalement de ce faux ordre. Le nouvel ordre, c’est le désordre,... le chaos partout !
Qu’il est sombre, ce tableau peint sous un ciel orageux qui s’incline sous la lourdeur de ses nuages pendants. Un temps lessivé par une pluie de doutes qui blêmissent le vécu. La vie perd son charme et son élégance. Sa batterie d’astuces s’étouffe sous l’eau comme un naufragé. On vit un méga Titanic, tellement que la désillusion est gigantesque.
On se demande bien que peut-il bien présager de bon, le présent, devant une pellicule dramatique qui tourne en boucle durant nos maigres journées. Epidémie, catastrophe naturelle, attentats, menaces nucléaires, rébellion, guerre civile, génocide, déforestation, réchauffement climatique, surexploitation des ressources naturelles, racisme, xénophobie etc. tous ont pour finalité de cimenter une misère chronique sur le sentier de notre existence. Il y a  trop de larmes, de feux et de sang au point que regarder la vie avec des couleurs autres que le rouge est une insolence.  Ce qui mine le monde, c’est l’Homme par sa conduite, et non le hasard. La main de l’Homme est comme toxique, partout où il la fout c’est la maladie. Malheur est que, au nom de sa pseudo-liberté, il ne se fait pas de limite. Il est dans une course frénétique qui lui consume la raison et le précipite dans un précipice.
Prétendant l’avoir acquis, suite à une série de mille et une conquêtes,  l’Homme ne sait pas quoi faire  de sa supposée liberté, il la retourne trop souvent contre lui-même comme un revolver sur sa propre tempe. L’humanité tue l’humanité ! Prenez un tableau chronologique des catastrophes et conflits armés, superposez le sur la carte du monde et mesurez l’ampleur des dégâts commis. Vous comprendrez sans aucun doute que c’est une exagération toute cette conscience qu’on lui attribue. C’est pourquoi Il faut être bien heureux pour les dinosaures pour avoir existé bien avant l’arrivée de l’Hommes sur terre.  De peu ils n’auraient  jamais eu  l’opportunité de  goûter aux plaisirs de la vie. L’Homme est pire que la peste. Il construit certes, mais mine en permanence le socle sur lequel il assoit son œuvre. Les équilibres sont rompus et la morale corrompue.
Comment l’Homme est-il devenu aussi sanguinaire pour être qualifié de « homo homini lupus »?
Par accident génétique peut-être ?
Pareille situation ne saurait se justifier  par un besoin de survie. Les ressources sont rares certainement mais assez pour combler tout le monde, si chacun n’en disposait que de ce qu’il a besoin (pas le besoin d’en garder pour le luxe et le confort). C’est ironique mais malgré notre « degré élevé d’achèvement » nous poursuivons toujours nos conquêtes dans une jungle civilisationnelle
On aura banni toutes les armes du monde (y/c nucléaires) mais sans l’élimination des cerveaux à destruction massive la vie continuera à lire entre les lignes de la main du aigre présent et pourtant nous sommes demandeurs de lendemains doux et paisibles.

Si l’Homme se nourrit de la chair de l’Homme, par métaphore ou au sens propre de l’expression, c’est parce que, malgré sa raison, il est devenu plus bête que bête. Je doute que  le loup ne prenne du plaisir à se régaler avec la chair de son semblable. Finalement l’Homme n’est pas aussi sage qu’il le pense lui-même. Le sapiens-sapiens a pris un chemin qui mène à sa perte. On en est à croire que ses timides tentatives de rebrousser chemin ne sont que pour apaiser sa conscience et non une ferme volonté. Suivez l’actualité pour voir que le pesant présent continue à peaufiner sans scrupule les projets macabres de domination des uns sur les autres.
Le monde va mal et il est philosophiquement inacceptable que l’Homme le quitte sans au moins le laisser en l’état où il l’avait trouvé, s’il est aussi raffiné qu’il le croit.

Pour le peu de bon sens qui nous reste... !

Abdou DIENE