lundi 9 octobre 2017

L’Homme, le peintre qui s’emmêle les pinceaux.

Avec des jumelles on ausculte l’horizon assombri par la poussière mêlée au sang des champs de bataille. On a du mal à entendre l’expression de ces gens-là qui gesticulent au cœur d’une fournaise rejeton d’un enfer terrestre qui avale tout sur son passage comme une mer, avare qu’il est. Des vagues de peines et de paniques qui s’en prennent à des foules folles qui se foutent finalement de ce faux ordre. Le nouvel ordre, c’est le désordre,... le chaos partout !
Qu’il est sombre, ce tableau peint sous un ciel orageux qui s’incline sous la lourdeur de ses nuages pendants. Un temps lessivé par une pluie de doutes qui blêmissent le vécu. La vie perd son charme et son élégance. Sa batterie d’astuces s’étouffe sous l’eau comme un naufragé. On vit un méga Titanic, tellement que la désillusion est gigantesque.
On se demande bien que peut-il bien présager de bon, le présent, devant une pellicule dramatique qui tourne en boucle durant nos maigres journées. Epidémie, catastrophe naturelle, attentats, menaces nucléaires, rébellion, guerre civile, génocide, déforestation, réchauffement climatique, surexploitation des ressources naturelles, racisme, xénophobie etc. tous ont pour finalité de cimenter une misère chronique sur le sentier de notre existence. Il y a  trop de larmes, de feux et de sang au point que regarder la vie avec des couleurs autres que le rouge est une insolence.  Ce qui mine le monde, c’est l’Homme par sa conduite, et non le hasard. La main de l’Homme est comme toxique, partout où il la fout c’est la maladie. Malheur est que, au nom de sa pseudo-liberté, il ne se fait pas de limite. Il est dans une course frénétique qui lui consume la raison et le précipite dans un précipice.
Prétendant l’avoir acquis, suite à une série de mille et une conquêtes,  l’Homme ne sait pas quoi faire  de sa supposée liberté, il la retourne trop souvent contre lui-même comme un revolver sur sa propre tempe. L’humanité tue l’humanité ! Prenez un tableau chronologique des catastrophes et conflits armés, superposez le sur la carte du monde et mesurez l’ampleur des dégâts commis. Vous comprendrez sans aucun doute que c’est une exagération toute cette conscience qu’on lui attribue. C’est pourquoi Il faut être bien heureux pour les dinosaures pour avoir existé bien avant l’arrivée de l’Hommes sur terre.  De peu ils n’auraient  jamais eu  l’opportunité de  goûter aux plaisirs de la vie. L’Homme est pire que la peste. Il construit certes, mais mine en permanence le socle sur lequel il assoit son œuvre. Les équilibres sont rompus et la morale corrompue.
Comment l’Homme est-il devenu aussi sanguinaire pour être qualifié de « homo homini lupus »?
Par accident génétique peut-être ?
Pareille situation ne saurait se justifier  par un besoin de survie. Les ressources sont rares certainement mais assez pour combler tout le monde, si chacun n’en disposait que de ce qu’il a besoin (pas le besoin d’en garder pour le luxe et le confort). C’est ironique mais malgré notre « degré élevé d’achèvement » nous poursuivons toujours nos conquêtes dans une jungle civilisationnelle
On aura banni toutes les armes du monde (y/c nucléaires) mais sans l’élimination des cerveaux à destruction massive la vie continuera à lire entre les lignes de la main du aigre présent et pourtant nous sommes demandeurs de lendemains doux et paisibles.

Si l’Homme se nourrit de la chair de l’Homme, par métaphore ou au sens propre de l’expression, c’est parce que, malgré sa raison, il est devenu plus bête que bête. Je doute que  le loup ne prenne du plaisir à se régaler avec la chair de son semblable. Finalement l’Homme n’est pas aussi sage qu’il le pense lui-même. Le sapiens-sapiens a pris un chemin qui mène à sa perte. On en est à croire que ses timides tentatives de rebrousser chemin ne sont que pour apaiser sa conscience et non une ferme volonté. Suivez l’actualité pour voir que le pesant présent continue à peaufiner sans scrupule les projets macabres de domination des uns sur les autres.
Le monde va mal et il est philosophiquement inacceptable que l’Homme le quitte sans au moins le laisser en l’état où il l’avait trouvé, s’il est aussi raffiné qu’il le croit.

Pour le peu de bon sens qui nous reste... !

Abdou DIENE

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