Avec des jumelles on ausculte
l’horizon assombri par la poussière mêlée au sang des champs de bataille. On a
du mal à entendre l’expression de ces gens-là qui gesticulent au cœur d’une
fournaise rejeton d’un enfer terrestre qui avale tout sur son passage comme une
mer, avare qu’il est. Des vagues de peines et de paniques qui s’en prennent à
des foules folles qui se foutent finalement de ce faux ordre. Le nouvel ordre, c’est
le désordre,... le chaos partout !
Qu’il est sombre, ce
tableau peint sous un ciel orageux qui s’incline sous la lourdeur de ses
nuages pendants. Un temps lessivé par une pluie de doutes qui blêmissent le
vécu. La vie perd son charme et son élégance. Sa batterie d’astuces s’étouffe
sous l’eau comme un naufragé. On vit un méga Titanic, tellement que la
désillusion est gigantesque.
On se demande bien que peut-il
bien présager de bon, le présent, devant une pellicule dramatique qui
tourne en boucle durant nos maigres journées. Epidémie, catastrophe naturelle,
attentats, menaces nucléaires, rébellion, guerre civile, génocide,
déforestation, réchauffement climatique, surexploitation des ressources naturelles,
racisme, xénophobie etc. tous ont pour finalité de cimenter une misère
chronique sur le sentier de notre existence. Il y a trop de larmes, de
feux et de sang au point que regarder la vie avec des couleurs autres que le
rouge est une insolence. Ce qui mine le
monde, c’est l’Homme par sa conduite, et non le hasard. La main de l’Homme est
comme toxique, partout où il la fout c’est la maladie. Malheur est que, au nom
de sa pseudo-liberté, il ne se fait pas de limite. Il est dans une course frénétique
qui lui consume la raison et le précipite dans un précipice.
Prétendant l’avoir acquis, suite
à une série de mille et une conquêtes,
l’Homme ne sait pas quoi faire de
sa supposée liberté, il la retourne trop souvent contre lui-même comme un revolver
sur sa propre tempe. L’humanité tue l’humanité ! Prenez un tableau
chronologique des catastrophes et conflits armés, superposez le sur la carte du
monde et mesurez l’ampleur des dégâts commis. Vous comprendrez sans aucun doute
que c’est une exagération toute cette conscience qu’on lui attribue. C’est
pourquoi Il faut être bien heureux pour les dinosaures pour avoir existé bien
avant l’arrivée de l’Hommes sur terre.
De peu ils n’auraient jamais
eu l’opportunité de goûter aux plaisirs de la vie. L’Homme est
pire que la peste. Il construit certes, mais mine en permanence le socle sur
lequel il assoit son œuvre. Les équilibres sont rompus et la morale corrompue.
Comment l’Homme est-il devenu
aussi sanguinaire pour être qualifié de « homo homini lupus »?
Par accident génétique peut-être ?
Pareille situation ne saurait se
justifier par un besoin de survie. Les
ressources sont rares certainement mais assez pour combler tout le monde, si
chacun n’en disposait que de ce qu’il a besoin (pas le besoin d’en garder pour
le luxe et le confort). C’est ironique mais malgré notre « degré
élevé d’achèvement » nous poursuivons toujours nos conquêtes dans une
jungle civilisationnelle.
On aura banni toutes les armes du monde (y/c nucléaires) mais sans l’élimination des cerveaux à destruction massive la vie continuera à lire entre les lignes de la main du aigre présent et pourtant nous sommes demandeurs de lendemains doux et paisibles.
Le monde va mal et il est
philosophiquement inacceptable que l’Homme le quitte sans au moins le laisser en
l’état où il l’avait trouvé, s’il est aussi raffiné qu’il le croit.
Pour le peu de bon sens qui nous reste... !
Abdou DIENE
Abdou DIENE

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