vendredi 30 mars 2018

Khalifa SALL: « La corrida » ou la mise à mort d’un hérétique.


Durant le processus, allant de la mise en accusation de Khalifa SALL au jour d’aujourd’hui, mon amertume n’a jamais atteint le niveau effleuré dans la nuit du samedi 25 novembre 2017. Même la sentence qui vient de le condamner à 5 ans de prison ferme ne m’a pas fait aussi mal. Je me rappelle que déjà cloué au lit par une petite grippe, j’ai été encore plus anéanti par l’évidence d’un complot mené contre un concitoyen par ces gens-là qui ont usurpé la place qu’ils occupent au sein de l’hémicycle (puis qu’ils ne jouent pas leur rôle). Leur comportement de ce jour a montré qu’ils représentent autre chose que le Peuple. 
J’ai vu une meute, pressée d’en finir avec sa proie. Et pire, la cruauté et  l’empressement qui rugissaient à travers la voix du Président de l’Assemblée n’ont fait qu’assombrir davantage mes idées au milieu cette nuit. Je me rappelle qu’il faisait minuit passé.
Il faisait tard. Ils étaient certes fatigués, mais savaient précisément ce qui les avait retenu ce soir-là jusqu’à une heure pareille et étaient pressé de le faire pour ensuite lever le camp comme un soldat fier et ragaillardi par le sentiment d’avoir accompli sa mission ; sauf que cette fois-ci la mission n’est pas des plus nobles.
Ce qui m’a le plus choqué c’est le comportement de Moustapha NIASSE, par ses agissements qui contrastent avec son âge et son parcours d’Homme d’Etat. Il était pressé, cela se lisait dans ses gestes et ses paroles. Il était pressé d’en finir, pressé de planter le fer dans les entrailles de l’agneau ; l’agneau du sacrifice, de cet être pas encore taureau amené de force dans la corrida, un agneau sans défense, ligoté, enfermé depuis un bail, un agneau freiné dans sa croissance par la croisade contre les hérétiques. Oui, ici sont hérétiques ceux qui ont des ambitions, par la force de la tyrannie étatique.
« Comptez, comptez, vite, vite… », je l’ai entendu scander alors que vue son âge, s’il savait bien compter avec sagesse, il aurait su qu’il lui est impératif de dompter ses envies de gloire et de victoire. La vie l’a déjà gâté.  Qu’est-ce qu’il a à faire le vieux matador, à jouer des épées avec un adversaire ligoté et de surcroît absent de l’arène dans un combat par procuration ; un combat qui n’est pas du tout le sien ?
J’ai écouté sans rien entendre. Rien de juste, que de verbiages polluant la raison pullulaient  des gueules qui saignent de la haine, une toxine qui paralyse la République. Ces bavures qui entachent le drapeau de l’Etat de droit déjà en berne et qui font vider le sang de  la démocratie, à l’agonie, deviennent coutumes. Oui il faut être conséquent. Ce n’est pas de l’exagération de dire que les adeptes de l’Etat de droit et épris de justice sont devenus nostalgiques d’une certaine époque.
J’ai entendu de la bouche de Moustapha NIASSE « Comptez, comptez, vite, vite… », et j’ai cru ouïr des incantations raisonnant dans la tête de ces gens-là députés dépités en transe, réputés par leur ignorance et se réclamant députés de X ou de Y oubliant le  Peuple.
Belle ironie, n’est-ce pas ? Les « boucliers » d’hier sont des bourreaux fiers aujourd’hui.
La corrida, l’hémicycle et le Palais de justice, une arène inondée de sang, le sang des ambitieux, le sang de la justice, le sang de l’Etat de droit.
La corrida des lâches ; eux tous contre un ligoté  de surcroit enfermé. Leur procédé lèse la morale. La République leur a tout donné et eux, hantés par les démons du pouvoir, décident de tout lui prendre ; et même son âme.
Un Peuple orphelin de justice. Elle est dépossédée de son essence. Ils s’en ont pris à son esprit, ils s’en sont pris à son image, ils s’en sont pris à ses principes, ils s’en sont pris à ses honnêtes hommes. Elle n’est finalement qu’un triste pantin manipulable, traîne dans la boue, maintenant, même par les plus républicains. L’équilibre de notre Etat n’a jamais été aussi menacé par la polarisation de tous les pouvoirs sur un seul homme. Un homme esclave de ses désirs, un homme aux précédés « je-m’en-foutiste ».

C’est amer mais c’est avec le glaive de Dame justice agonisante que l’Exécutif coupe des têtes au pilori du Parlement.

Ainsi de plus en plus le temps nous enseigne dans son récit qu’avoir des ambitions est une hérésie ici et Khalifa paiera le prix.

Mes mots ci-dessus ne sont pas d’une élégance particulière. Heureusement que ce n’est pas un impératif pour moi de décrire avec élégance ce qui ne l’est pas.

Mes mots sont un hurlement de mon cœur face aux abominations perpétrées perpétuellement au cœur de la République par un clan dont le chef Macky SALL nous avait promis plus de justice et de démocratie.
Ils l’ont accusé. Ils l’ont mis en détention. Ils ont violé ses droits à une liberté provisoire et de battre campagne en tant que candidat aux députations passées. Malgré tout, le Peuple l’a élu député. Ils ont, ensuite, piétiné son immunité après la lui avoir refusée. Au final ils l’ont acheminé, comme un taureau, à l’abattoir comme prévu. Malheureusement nous n’attendons rien de La « justice ».
Il faut le dire. Nous avons assisté à un feuilleton monotone, sans suspens, qui se déroule depuis un an, et vient de prendre fin (en attendant un probable appel) sous nos yeux passifs. C’était un  feuilleton  sans suspens parce que le rôle et le sort de chacun des acteurs étaient déjà ficelés.
Hier c’était quelqu’un d’autre. Aujourd’hui c’est Khalifa. Demain ça sera le tour de qui?
Si nous tenons à notre pays, nous devons bannir ces pratiques et leurs adeptes. Elles ne sont pas dignes de notre histoire.


Abdou DIENE
abdoudiene@gmail.com

mercredi 31 janvier 2018

Les tentacules de la métropole.

De Gaulle, Mitterrand, Macron etc. c’est du pareil au même. C’est des hommes qui cherchent, avec zèle, ce qu'ils pensent être le mieux pour leur Patrie.

Ceux qui étaient témoins des derniers instants de l’ère tutélaire trembloter devant la face ferme des premières heures des indépendances ; ceux qui avaient vu les cœurs, combien arides, laisser pousser miraculeusement des bourgeons d’espoir avec le passage de la fine rosée de liberté ; ceux qui avaient vu les yeux des enfants de la terre-mère scintiller d’espoir au point de rendre jaloux le tant chanté soleil d’Afrique, devant autant de chaleur, de lumière et d’enthousiasme ; ont vu, au moment de penser à panser les blessures de la longue période d’assujettissement, l’euphorie des gens avisés s’estomper face à l’esprit comploteur et lâche d’une élite qui n’en est pas une vraie.
Nous aussi, nous aurons tout vu…
Cela, une manière subtile de nous interpeller, une nouvelle fois, face à une évidence que nous nous détournons souvent le visage, soit par impuissance avérée, soit par orgueil aveuglant, soit par lâcheté tout simplement.

2018, la question de notre indépendance fait toujours débat….
L’an 2018, et  les territoires jadis désignés sous le terme « outre-mer », à l’instar du Sénégal, ont toujours du mal à assumer leur statut d’Etats souverains. Est-ce fataliste de croire que les rapports qui  lient nos Etats avec l’ancien empire colonial sont incassables ? Même barricadés derrière un argumentaire constitutionnaliste, et tout un tas de symboles qui nous confèrent une identité étatique souveraine, nous n’arrivons pas, encore, à nous défaire de l’âme de la métropole française toujours présente dans le cœur de nos systèmes politiques et décisionnaires.
Le débat sur la fin ou non de la « Françafrique » est souvent agité par la société civile du continent. Ceux qui s’interrogent sur sa survie ou non peuvent trouver des réponses eux-mêmes en analysant l’actualité. La « Françafrique » peut être démodée par sa dénomination  néanmoins elle survit par sa finalité. C’est un être polymorphe qui s’accommode aux contextes.
On se demande, pourquoi la France remue-t-elle terre et ciel pour toujours rester en Afrique ?
« De même que les États-Unis ont leur arrière-cour en Amérique latine, la France a besoin d’avoir son arrière-cour en Afrique. », (Georges Serre, ex conseiller au ministère des affaires étrangères)

Pourquoi quand c’est important pour « nous », ça doit, obligatoirement, se passer avec la France et/ou en France ?
« C’est dire que le Sénégal et la France ont toujours matière à se concerter, à dialoguer, à gérer ensemble dans l’amitié et la confiance pour parvenir à des fins communes » (Macky SALL, Président de la République du Sénégal 21 décembre 2016-Elysée)
La voix qui murmure dans nos têtes….
Elle nous hante cette petite voix dans nos têtes. Elle refait surface pour nous chuchoter « vous ne pouvez pas aller seul » à chaque fois qu’il s’agit de prendre des décisions majeures relatives à notre destin. Elle est entretenue durant des siècles et fait, malheureusement, toujours effet (manque d’estime de soi et de confiance) à l’heure où le débat sur la nécessité de la prise de conscience des Peuples semble ne plus être à l’ordre du jour. L’assimilation, propre au système colonial français, a laissé, jusqu’au moment où je vous parle, des stigmas profonds dans l’esprit de nos jeunes Etats avec l’aliénation non achevée des peuples dépossédés d’une bonne partie de leur histoire qu’ils renient, par la suite, par complexe ou pour incohérence. Nous n’en sommes plus à l’époque où nous acceptions dans nos mœurs l’idée selon laquelle nos aïeux étaient des gaulois certes, mais nous ne sommes pas, pour autant, encore sortis de l’auberge. De nouvelles expressions telles que « la France, partenaire privilégié… », « relation séculaire », « partenaire historique » etc. et des pratiques sont preuves de la pérennité du cordon ombilical qui continue de nourrir un projet de tutorat et d’exploitation pluri-centenaire  … Ainsi de fil en aigu, la France a fini par former avec ses « ex-colonies », une communauté à la morphologie d’une pieuvre. La métropole est le centre nerveux qui harmonise les mouvements de ses tentacules que constituent  les anciennes colonies.

Gouverneurs de la France d’Outre-mer…
République du Congo, RDC, Gabon, Centre-Afrique, Tchad, Cameroun, Sénégal, Côte-d’Ivoire, Togo, Mali, Niger, Burkina Faso, Bénin etc. des Chefs d’Etat ou mascottes projetés sur des trônes pour faire la promotion du « made in french »... Sinon comment justifier leurs attitudes ?
Ils ont tué la « préférence nationale » pour la « préférence à la France ».
Ils ont noyé leurs « bébés entreprises » dans les vagues de la concurrence déloyale des multinationales de la France.
Ils ont dépossédé leurs populations de leurs terres pour les brader à des entrepreneurs de la France.
Ils ont cédé, dans des conditions obscures, les ressources naturelles et minières de leurs pays à la France.
Là, ils ont fini de concentrer les secteurs stratégiques de leurs économies entre les mains de la France.
Ils vont même jusqu’à créer des opportunités d’affaire (avec des projets coûteux et inopportun) pour soutenir des entreprises françaises en difficulté tout en restant indifférents face aux souffrances du  secteur privé national qui suffoque déjà des maux de la mauvaise gestion de la chose publique (clientélisme, gré à gré, népotisme etc.).

On se questionne sur le pourquoi de cette « esclavagerie » économique et politique de nos dirigeants…
Une subordination par complexe ou par nécessité ? Pourquoi perdent-ils la raison devant la main tendue de la France ? Est-ce cela le prix à payer pour mériter son offre d’amitié  ou/et de protection ?
La France n’hésite pas à être l’amie des Chefs d’Etat putschistes, mal élus, coupables de détournement de deniers publics, avides de pouvoir, présidents à vie, tripatouilleurs de Constitution, despotes, fraudeurs électoraux, génocidaires etc. , bons  et beaux à ses yeux jusqu’à ce qu’ils deviennent bon à rien ; c’est-à-dire incapables de servir ses intérêts.
La France est sauveur et protectrice pour ceux qui sont à la tête de nos Etats qui jouent son jeu. Ils lui doivent, généralement, reconnaissance pour leur accession et leur maintien au pouvoir, sans oublier leur niveau de vie insolent et leur grotesque richesse qui contrastent avec la misère de leurs peuples. Des réseaux, lobbies, institutions, média sont déployés  n’ayant autre objectif que de suivre de très-près les intérêts de la France en Afrique quelques soient les moyens. Ceux qui sont en phase avec la politique de la France sont entretenus et protégés tant qu’ils feront l’affaire. Ceux qui se mettent de travers, ils les combattent par des moyens médiatiques, économiques, diplomatiques et militaires.  Voir la longue liste des victimes… !

Dire aux « amis » de la France que les Etats n’ont pas d’amis mais des intérêts….
L’Afrique est une zone stratégique pour tout le monde sauf les africains. D’ailleurs elle a depuis très longtemps soutenu le développement de la France en lui assurant une source régulière d’approvisionnement en matière première, un grand marché pour ses entreprises et un creuset de partenaires géostratégiques. Rester en Afrique est  une question de survie pour la France.  La philanthropie des Pays comme la France n’est pas aussi innocente. C’est la richesse de l’Afrique, longtemps assimilée à une vache à lait, qui nourrit le grand amour que ses pseudos amis suscitent à son endroit. Un amour fou, à protéger coûte que coûte par le retour musclé des multinationales et des forces françaises au Sénégal et en Afrique de manière générale.
Il est prouvé plus d’une fois que les Institutions comme la Banque Mondiale etc. ne sont que des instruments de contrôle et de domination monétaire et économique des grandes puissances sur le Tiers-Monde. Croire au développement de l’Afrique par la coopération, c’est faire preuve d’une totale ignorance de l’histoire et de toute notion en stratégie.
C’est évident que le changement des rapports que le développement de l’Afrique entrainerait (un traitement équitable, renégociation des termes de la coopération, potentielle concurrence) risquerait de diminuer les marges de manœuvres de l’Occident et de le mettre en situation d’insécurité ‘économique et politique). L’arme fatale de la France en Afrique, c’est la théorie de la dépendance. Pour moraliser son omniprésence en Afrique, elle sait comment faire. Elle y crée et y entretient des situations de précarité, pour débarquer par la suite, dans une posture de sauveur avec une valise pleine de ses propres conditions. Et l’histoire se répète… 
Combien de fois la France est citée en Afrique dans des affaires  de complot, d’assassinat de responsables, de coup d’Etat, de corruption, de trafic d’armes, de mercenariat, de manipulation de l’opinion, de fraude électorale etc.?  La fin justifie les moyens !
Depuis toujours, la métropole use de toutes les possibilités, légales ou non, pour préserver ses intérêts. Nous aurons beau décrier son ingérence officielle et officieuse dans nos affaires « internes » mais la remarque est qu’au fond si cela ne gêne pas les politiques c’est parce que, soit  c’est en leur faveur, soit ils la trouvent naturelle, soit ils sont tenus au silence pour diverses raisons. Quand le maître parle, on s’exécute sans piper…!

Qu’en est-il du Peuple africain…
Présidents d’Afrique, Gouverneurs de la France d’Outre-mer, tentacules qui réagissent au moindre désir de la métropole, que peuvent bien, leurs Peuples espérer d’eux.
Que de tentacules coupées et qui finissent par repousser, d’une façon ou d’une autre, par le biais des réseaux. Mais cela ne doit pas nous faire sombrer dans un fatalisme qui annihile tous les atouts et ambitions que nous disposons. Des atouts qui font courir, d’ailleurs, le reste du monde vers l’Afrique : la ruée vers l’or. Laisser faire les choses telles qu’elles sont en train de se dérouler, c’est une façon implicite et lâche de dire que nous méritons bien la misère dans laquelle nous nous éternisons. Ce qui est faux et inadmissible !
De Gaulle, Mitterrand, Macron etc. c’est du pareil au même. C’est des hommes qui cherchent, avec zèle, ce qu'ils être le meilleur pour leur patrie. Alors si nos dirigeants, au lieu de défendre leurs Peuples, à leur tour, acceptent de les pomper pour servir les  intérêts d’une autre Nation, il faut les démettre et les juger pour trahison. Parce qu’il s’agit bien de ça. C’est cela la solution pour mettre fin à ce cycle maléfique dans lequel nos Etats sont installés.
Frères et sœurs du continent, la richesse de l’Afrique n’est pas une malédiction. L’Afrique a beaucoup trop longtemps servi, il est temps qu’elle serve ses propres intérêts. Rien de noble ou de valeureux ne se gagne aisément. Il faut du sacrifice, du courage et de l’audace.

“Nobody can give you freedom. Nobody can give you equality or justice or anything.

If you’re a man, you take it” (Malcolm X)

Abdou DIENE

lundi 4 décembre 2017

Traite en Libye : de la barbarie de l’Homme au sommet entre pyromanes

L’Homme, encore vendu par l’Homme en plein jour, en plein 21e siècle, sous les projecteurs des caméras d’une certaine télé. Des images qui provoquent la réminiscence d’une douleur ancestrale refoulée avec tellement de peine.
J’ai honte et tout le monde devrait avoir ce même sentiment. J’ai honte pour la mémoire bafouée de nos aïeux  martyrs. J’ai aussi honte de n’avoir rien fait de particulier pour l’honorer et la protégée.
L’Homme ce loup pour son semblable a encore enfoncé ses canines dans sa chair. Il est toujours au premier rang dans la compétition d’autodestruction de l’humanité.
L’Homme encore vendu par l’Homme…
Qu’est ’il arrivé à l’Homme pour qu’en 2017 on éprouve encore le besoin de se rappeler que « l’esclavage est un crime contre l’humanité » ? Ne retient-il  pas les leçons du passé ? Qu’est-ce qui le met sur une pente négative et le précipite dans un précipice où la morale n’est que charabia ?
Répondre à ce questionnement donne de forte chance de trouver sur  son chemin la règle d’or : « la fin justifie les moyens ». Dans cet univers, l’Homme y est un prédateur guidé par ses envies de conquête, son instinct de se remplir la panse et les poches. Dites, si cela ne se passe-t-il pas ainsi depuis la nuit des temps ?
Et si ma foi en l’humanité s’effrite sous le coup de mes déceptions à répétition, si ma foi en l’humanité saigne, déchiquetée par les scélérats de l’Homme lui-même, comprenez  que c’est dû par la même raison qui l4a poussé à créer la morale pour se prémunir de sa propre nature. Malgré tout il perd souvent son propre contrôle.
Pouvoir, gloire, richesse… font vaciller sa morale.
Je me suis défendu de mettre des œillères façonnées par le génie du présent, de l’actualité, pour aborder cette tragédie qui tient le monde en haleine. De l’ « esclavage » en terre africaine de la Libye…une bizarrerie non… ? Certains me diront que l’esclavage a toujours existé en Afrique et  ailleurs. Cela ne doit pas en faire un fait ordinaire, je suppose ? Mais il est question cette fois-ci de traite, d’organisations, de réseaux, un commerce.
Pour aborder le sujet, il faut essayer de transcender le contexte pour ne pas tomber dans le diktat de l’actualité, et placer le fait dans un ensemble, dans un système souvent  régit par la règle d’or «la fin justifie les moyens » qui fait épouser une « raison », une « raison » qui n’est pas forcément en phase avec la raison. Par la suite nous verrons certainement, par nous-même, que ce fait n’est qu’un symptôme d’un mal profond, un effet d’une cause.
Pour remonter plus loin, mais sans entrer dans les détails, il faut se dire que la « raison » qui a poussé l’Homme à se transformer en ingénieur de conception de la traite négrière, est  similaire à celle qui l’a conduit à la conquête coloniale. D’ailleurs, c’est cette même « raison » qui, depuis plus d’un demi-siècle de pseudo-indépendance, fait du continent africain un terrain propice en luttes armées, coups d’Etat, manipulations politiques, instabilités de tout genre, pillages, famines, extrême pauvreté, épidémies etc.
Cette « raison » que l’Homme brandit ou camoufle, souvent dans un discours humanitaire, refait surface à chaque fois qu’il est question d’intérêt. La réponse à un certain nombre de questions nous achemine vers l’attraction du moment, à savoir la Libye.
Qu’est-ce qui a orchestré la destruction totale de la Libye ?
La Libye est attaquée et détruite par la France et ses acolytes. C’est dans un passé très récent. Il y aura moins d’affabulations cette fois-ci par rapport à tout ce qu’on raconte sur les agissements de la France en Afrique (Françafrique). Tout le monde est conscient du rôle de la France dans cette mascarade. Elle a mené la bataille diplomatique et a fortement participé aux bombardements.
Qu’est-ce qui l’a motivée ?
La motivation est stratégico-économique. Le Colonel Mouammar KHADAFI avec un leadership grandissant et œuvrant pour la prise de conscience et l’unité du continent Africain au tour de grands projets était devenu encombrant et menaçant pour les intérêts de l’Occident en Afrique et particulièrement de la France. La France dans une mauvaise passe, pour trouver de l’oxygène pour son économie qui boitille, n’a pas trouvé mieux que d’inventer une guerre, comme les grandes puissances savent bien en créer, pour faire du « une pierre deux coups » : éliminer le leader encombrant et s’accaparer d’une bonne partie du pétrole libyen. D’aucuns cherchent une autre façon de théoriser cette histoire avec des concepts complexes mais au fond elle se termine à chaque tentative de cette manière.
Malheur est qu’on n’en a pas encore fini car c’est la même « raison » qui continue d’entretenir la Lybie en zone de non droit où se passe des abominations de toute sorte ; en une zone d’insécurité et de misère ; en une jungle pétrolifère qui se voit piller en silence par l’Occident. Tout ce cocktail pourri est fait de chaos institutionnel, d’immigration clandestine, de trafic d’armes, de trafic de drogue, le tout comblé par le trafic d’Hommes ; une situation pourrie par une juxtaposition d’effets de nature différentes mais émanant d’une cause commune : la poursuite d’un intérêt sous le crédo « la fin justifie les moyens ».
Tout est trafic là-bas. Il y a le trafic institutionnalisé des multinationales sponsorisé par les Etats et celui des bandes armées et autres malfrats.
Le trafic de migrants est le « maillon gênant» d’une longue chaine de trafics et d’exploitation qui a trop durée en Afrique. Nous resterons en Lybie pour parler du sort de nos frères et sœurs dans ce gouffre.
Nos frères et sœurs fuyant la misère de chez eux tombent dans l’enfer libyen…
Le phénomène de l’ « immigration à tout prix » commence à durer sous nos cieux et les Etats africains semblent ne pas être préoccupés ou ne pas être en mesure d’apporter une quelconque solution. Nos dirigeants étaient là tout bêtement assis en train de regarder leurs concitoyens mourir en mer et dans le désert. Au moment où les Etats européens  tentaient coûte que coûte de freiner les vagues humaines qui les assaillissent, avec projets superficiels et timides qui peinent à faire des effets, c’est zéro initiative à notre niveau.
Ces gens-là ne veulent rien d’extraordinaire pourtant. Ils veulent juste gagner leur vie à la sueur de leur front, ceux ne sont pas des manchots. Pourquoi cette Afrique qui a tous les atouts du monde pour se développer, afin d’offrir un paradis terrestre à ses fils, peine à se tenir debout ? L’Afrique nouvelle eldorado du monde est un enfer pour ses fils qui veulent le quitter au prix de leur vie… une ironie du sort non ?
« On a rien à perdre » argue t’il souvent. Et oui, celui qui n’a rien à perdre, n’a rien à sauver.
Entre des ressources pillées, une économie entre les mains de multinationales étrangères, un manque de vision de nos dirigeants, les freins de la politique politicienne et le poids de la lourde dette qui nous tasse et qui ne sert, en grande partie, qu’à entretenir une élite toujours sur les nuages au point de ne pas se rendre compte de la souffrance de leurs Peuples ; l’Afrique suffoque, l’espoir de ses enfants étouffe sous l’emprise des systèmes « tueurs de rêves ». En voilà une autre barbarie de l’Homme qui prend pour arme la misère et l’ignorance pour faire de son Peuple des sujets doux, soumis et maniables ; des êtres sans ambition.
Notez bien que celui qui n’a rien à perdre, n’a rien à sauver. Alors, il faut ressusciter les rêves morts en eux pour les garder chez eux. C’est des victimes collatérales de ce pillage séculaire de l’Afrique organisé avec la complicité de ses dirigeants et non de simples aventuriers avec des penchants suicidaires comme certaines media veulent nous le faire croire.
Ce qui se passe en Libye est une conséquence connue de nos Etats depuis très longtemps. Ils se sont terrés dans un silence lâche. Il aura fallu d’une vidéo pour que l’hypocrisie diplomatique s’y mêle pour réunir ; une fois de plus une Europe « messie », sapeur-pompier et des dirigeants africains lâches ; au tour de la question. Et la morale que je tire de cette conférence (Abidjan) est que l’Afrique est toujours incapable de se prendre en charge. J’ai très tôt désenchanté.

Mais cela ne veut pas dire que je ne crois pas à la jeunesse.  Je crois toujours à la jeunesse africaine. Je crois toujours que cette situation doit être saisie, par les masses, par les Peuples africains ; comme un déclic pour le renforcement d’une conscience collective en vue de la construction suivie de la protection à tout prix de notre « dignité collective », car avant tout il est question de la valeur de l’Homme noir (cette affaire n’est pas seulement un problème entre africains), l’Homme africain dans le monde. Il faut développer une solidarité systématique en nous à l’instar des autres Peuples du monde. Cela doit se faire impérativement afin que le reste du monde nous respecte et nous  regarde d’un œil plus valorisant ; que le traitement dont on fait l’objet depuis des siècles ne soient plus imaginable, que nos dirigeants cessent d’être des marionnettes et défendent les intérêts des Peuples d’Afrique, que les richesses de l’Afrique profitent à ses fils d’abord, que les complots perpétrés par l’Occident en Afrique cessent, que l’Afrique ne soit plus perçue comme un vulgaire butin suscitant une rivalité permanente des multinationales occidentales et asiatiques… (la liste est longue)
Les Peuples africains doivent situer leur responsabilité dans ce système vicieux et ne doit surtout pas perdre de vue que c’est un « tout » lié par la corde de la règle d’or « la fin justifie les moyens » qui nous a mené dans cette situation.

Abdou DIENE
MEA
abdoudiene@gmail.com

vendredi 27 octobre 2017

De la Justice et du jeu politique.

Quand les ambitions personnelles sont un fardeau pour l’idéal de vivre ensemble , ensemble chacun sera un fardeau pour son prochain. Cela va sans dire !

Le choc des ambitions et des intérêts particuliers torpillent les efforts consentis pour assoir les soubassements de l’idéal de vivre ensemble, de l’intérêt général. Qu’on soit en politique ou ailleurs pareille situation n’assure pas la stabilité, l’harmonie sociale. Un système de régulation conventionnel des rapports sociaux est à préserver, au risque de trébucher et de glisser vers la règle alternative : la loi du plus fort. On risque de se retrouver dans un environnement proche de l’état de nature, à défaut d’un système judiciaire solide et impartial. L’impartialité est une condition sine qua non pour assurer les équilibres dans les rapports interpersonnels et avec l’Etat. Au cas contraire la « Justice » (en tant que Pouvoir et système) ne servirait  plutôt qu’à maquiller la jungle dans laquelle nous évoluerons.  En société les conflits d’intérêts sont très compréhensibles sauf qu’ils doivent être encadrés. Et le rôle de la justice dans pareil cas est de veiller à la régularité des duels  à ciel ouvert et non de prendre part à un jeu souvent politique.
Si la justice devait être une arme, elle serait celle de ceux qui sont du côté de la vérité ; et au cas où il devient très complexe pour trancher (ambiguïté), du côté des plus faibles. Elle serait plutôt un bouclier dans cette dernière situation. Si on’insiste sur la nature impartiale de la justice pour bien accomplir sa mission c’est que c’est une condition pour être de bonne foi, pour capitaliser l’adhésion des individus. La justice, pour être impartiale, elle doit être indépendante. Pour être indépendante, elle doit être forte. Et pour être forte,  elle ne peut pas tirer sa substance d’un autre Pouvoir (cela  l’affaiblirait si tel était le cas). Cette réflexion déboucherait sur la question fondamentale de l’équilibre des pouvoirs, de l’Etat de droit etc.
Il faut partir depuis le sommet… 
Depuis quelques temps j’ai une obsession de parcourir l’Article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 :
« Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.» (Je commence à douter de la nôtre)
Et j’y ajoute souvent en silence (dans un dialogue avec mon for intérieur), ceci : et au cas où ladite société se démerderait jusqu’à en disposer une, ladite Constitution ne serait juste qu’un élément du décor juridique ou un instrument politique, comme on le vit souvent en Afrique, le Sénégal y compris ; un outil pour se pérenniser au pouvoir, renforcer ses pouvoirs, neutraliser ses adversaires politique, bâillonner son Peuple etc.
L’Etat de droit est un projet politico-juridico-social qui est traduit par une volonté constitutionnelle, le système judicaire l’encadre et la Constitution garantit, à son tour, l’équilibre des pouvoirs (d’où la justice tire toute sa force). Ainsi se conçoit une approche systémique, un tout organisé dans un même esprit.
Entre l’idéal et la réalité, il y a toujours un écart. Mais on se défend de porter le même jugement sur ceux qui ont la ferme volonté de tendre vers l’idéal et ceux qui rament à contre-sens.
Si le citoyen lambda se détourne des politiques, s’il perd foi en la justice c’est parce qu’il a fini de s’apercevoir que la République, elle-même, traîne par terre toutes les valeurs qu’elle essaie de lui faire croire, les règles qu’elle lui impose. Quand nos actions ne sont orientées que vers nos propres intérêts, on perd l’objectivité. La perte de l’objectivité (dans le sens de l’intérêt général) est la cause de biens des déséquilibres au sein de nos Etats. Les politiques se taillent des systèmes sur mesure bourrés de brèches, de lois « fourre-tout » et de vides juridiques en prévision de leurs prochains coups. C’est que j’appelle les tares organisés de nos systèmes.

Il y a lieu de s’interpeller sur l’esprit de la loi et sur l’esprit de l’autorité habilité à interpréter la loi.
Les lois sont vaines sans morale (leges sine moribus vanae). Mais est-ce qu’on peut s’en limiter là si on est conscient de l’énorme pouvoir que la loi accorde au magistrat ?
Au Sénégal, il est souvent question de l’indépendance de la justice ; et le doute sur la crédibilité de certains magistrats est plus que jamais à l’ordre du jour dans un contexte peu luisant pour notre justice malmenée par la guéguerre politique. On ne peut s’empêcher de parler d’instrumentalisation de la justice si des magistrats sont promus dans des conditions peu orthodoxes et défendent l’indéfendable pour les beaux yeux du Chef de l’Exécutif. La Justice et l’Exécutif marchent-ils main dans la main ? Le Parlement danse-t-il au rythme de l’Exécutif ? (C’est des questions régulières que les gens se posent)
Les bizarreries du Conseil Constitutionnel avec ses « avis-décisions », les inculpations et détentions tous-azimuts d’adversaires politiques en bafouant, souvent, leurs droits les plus élémentaires sous les yeux de notre justice, les cas de non-lieux systématiques dans des dossiers impliquant des alliés politiques du régime, les rapports d’audit classés, le nombre de mesures controversées passées en procédures d’urgence au Parlement, le nombre de députés opposants qui ont vu leurs immunités parlementaires levées par leurs propres collègues sous la commande de l’Exécutif etc. donnent une raison d’être susceptible.
La gestion actuelle de la sphère publique pousse à la susceptibilité, à la désintégration du ciment social. Pour arriver à leurs fins les politiques n’hésitent pas à mentir, à manipuler l’opinion, à diviser le Peuple sous des critères partisans, ethniques, confessionnels ; à corrompre l’administration, à malmener la Justice etc.  Au sein de l’Etat la pyramide des intérêts est inversée. Les intérêts individuels culminent largement sur les priorités. Après viennent les intérêts sectaires et arrivent en dernière position l’intérêt général. A quel type de société devra-t-on s’attendre ?
Plus la valeur qu’on donne à l’intérêt général est grande, plus on dispose de possibilités de réguler les tensions internes individualistes, voir sectaires. On devient ainsi une Nation unie et forte. Au cas contraire, on ne sera pas un Peuple mais un agrégat d’individus !

On ne joue pas avec la justice, on ne joue pas avec les droits et libertés des citoyens, on ne joue pas avec l’unité et les valeurs de la Nation. Cet ensemble constitue le contour moral de la Nation qui empêche ses fils d’errer et de s’égarer.


Il faut suivre cela de très près !

Abdou DIENE



lundi 9 octobre 2017

L’Homme, le peintre qui s’emmêle les pinceaux.

Avec des jumelles on ausculte l’horizon assombri par la poussière mêlée au sang des champs de bataille. On a du mal à entendre l’expression de ces gens-là qui gesticulent au cœur d’une fournaise rejeton d’un enfer terrestre qui avale tout sur son passage comme une mer, avare qu’il est. Des vagues de peines et de paniques qui s’en prennent à des foules folles qui se foutent finalement de ce faux ordre. Le nouvel ordre, c’est le désordre,... le chaos partout !
Qu’il est sombre, ce tableau peint sous un ciel orageux qui s’incline sous la lourdeur de ses nuages pendants. Un temps lessivé par une pluie de doutes qui blêmissent le vécu. La vie perd son charme et son élégance. Sa batterie d’astuces s’étouffe sous l’eau comme un naufragé. On vit un méga Titanic, tellement que la désillusion est gigantesque.
On se demande bien que peut-il bien présager de bon, le présent, devant une pellicule dramatique qui tourne en boucle durant nos maigres journées. Epidémie, catastrophe naturelle, attentats, menaces nucléaires, rébellion, guerre civile, génocide, déforestation, réchauffement climatique, surexploitation des ressources naturelles, racisme, xénophobie etc. tous ont pour finalité de cimenter une misère chronique sur le sentier de notre existence. Il y a  trop de larmes, de feux et de sang au point que regarder la vie avec des couleurs autres que le rouge est une insolence.  Ce qui mine le monde, c’est l’Homme par sa conduite, et non le hasard. La main de l’Homme est comme toxique, partout où il la fout c’est la maladie. Malheur est que, au nom de sa pseudo-liberté, il ne se fait pas de limite. Il est dans une course frénétique qui lui consume la raison et le précipite dans un précipice.
Prétendant l’avoir acquis, suite à une série de mille et une conquêtes,  l’Homme ne sait pas quoi faire  de sa supposée liberté, il la retourne trop souvent contre lui-même comme un revolver sur sa propre tempe. L’humanité tue l’humanité ! Prenez un tableau chronologique des catastrophes et conflits armés, superposez le sur la carte du monde et mesurez l’ampleur des dégâts commis. Vous comprendrez sans aucun doute que c’est une exagération toute cette conscience qu’on lui attribue. C’est pourquoi Il faut être bien heureux pour les dinosaures pour avoir existé bien avant l’arrivée de l’Hommes sur terre.  De peu ils n’auraient  jamais eu  l’opportunité de  goûter aux plaisirs de la vie. L’Homme est pire que la peste. Il construit certes, mais mine en permanence le socle sur lequel il assoit son œuvre. Les équilibres sont rompus et la morale corrompue.
Comment l’Homme est-il devenu aussi sanguinaire pour être qualifié de « homo homini lupus »?
Par accident génétique peut-être ?
Pareille situation ne saurait se justifier  par un besoin de survie. Les ressources sont rares certainement mais assez pour combler tout le monde, si chacun n’en disposait que de ce qu’il a besoin (pas le besoin d’en garder pour le luxe et le confort). C’est ironique mais malgré notre « degré élevé d’achèvement » nous poursuivons toujours nos conquêtes dans une jungle civilisationnelle
On aura banni toutes les armes du monde (y/c nucléaires) mais sans l’élimination des cerveaux à destruction massive la vie continuera à lire entre les lignes de la main du aigre présent et pourtant nous sommes demandeurs de lendemains doux et paisibles.

Si l’Homme se nourrit de la chair de l’Homme, par métaphore ou au sens propre de l’expression, c’est parce que, malgré sa raison, il est devenu plus bête que bête. Je doute que  le loup ne prenne du plaisir à se régaler avec la chair de son semblable. Finalement l’Homme n’est pas aussi sage qu’il le pense lui-même. Le sapiens-sapiens a pris un chemin qui mène à sa perte. On en est à croire que ses timides tentatives de rebrousser chemin ne sont que pour apaiser sa conscience et non une ferme volonté. Suivez l’actualité pour voir que le pesant présent continue à peaufiner sans scrupule les projets macabres de domination des uns sur les autres.
Le monde va mal et il est philosophiquement inacceptable que l’Homme le quitte sans au moins le laisser en l’état où il l’avait trouvé, s’il est aussi raffiné qu’il le croit.

Pour le peu de bon sens qui nous reste... !

Abdou DIENE